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Histoire de Madagascar - l'époque républicaine

Philbert TsirananaGabriel RamanantsoaRichard RatsimandravaDidier RatsirakaAlbert ZafyMarc Ravalomanana

XII. La République Malagasy

Depuis 1896, Madagascar était administré par la France. En 1957, avec la Loi-Cadre, le premier Gouvernement Malgache est institué. Le 28 septembre 1958, la grande majorité de la population accepte de faire partie de la Communauté Française et, le 14 octobre suivant, les Conseillers de toutes les Provinces réunis en congrès extraordinaire proclament la République Malgache. Cette date a été choisie comme fête nationale.

La Loi d’Annexion de 1896 est déclarée abolie le 15 octobre 1958. L’époque coloniale est terminée. La Première Constitution de la République Malgache est adoptée le 29 avril 1959.

Le 1er mai 1959, Mr Philibert Tsiranana, Instituteur diplômé de l’Ecole Normale de Montpellier, est élu Président de la République et jure à Mahamasina, devant le Parlement et le Peuple, de respecter la Constitution.

Le 26 juin 1960, un accord entre le Président de la République Malgache et le Gouvernement Français donne l’indépendance à Madagascar.

XIII. Les principaux événements politiques depuis 1989

Vers la fin du deuxième mandat Présidentiel de la deuxième République, l’Etat a procédé à la levée de la censure et a institué le pluralisme démocratique par la reconnaissance du multipartisme. Des partis politiques quittent le Front National pour la Défense de la Révolution pour protester contre la réélection du Président sortant et demander la mise en place d’un Gouvernement de transition chargé de préparer l’avènement de la 3ème République précédé d’un changement de la Constitution et d’une révision du Code électoral.

Ce Gouvernement de transition fût institué par la Convention de Panorama du 31 octobre 1991. Il a été mis en place des Institutions de transition composées :

de la Présidence sous la conduite du Président Didier RATSIRAKA,

de la Haute Autorité de l’Etat présidé par le Professeur Albert ZAFY

d’un Gouvernement conduit par un Premier Ministre investi d’un plein pouvoir et

du Comité de Redressement Economique et Social.

Le Président de la République Didier RATSIRAKA est maintenu à la tête de la présidence.

Le Professeur Albert ZAFY est nommé à la tête de la Haute Autorité de l’Etat tandis que le Gouvernement est dirigé par le Premier Ministre Guy Willy RAZANAMASY.

Le Gouvernement de transition était chargé d’organiser les différents forums, de préparer l’élection présidentielle anticipée ainsi que l’avènement de la 3ème République.

Le Comité de Redressement Economique et Social a été mis en place durant la transition afin de donner des avis consultatifs au Gouvernement, à la place de l’Assemblée Nationale dissoute.

Une nouvelle Constitution issue de forums régional et national fut adoptée en septembre 1992. La Troisième République est née avec un régime de type parlementaire et un mandat présidentiel réduit à 5 ans renouvelable une fois.

Sept candidats se sont présentés aux élections présidentielles de novembre 1992. Albert ZAFY fut élu au 2ème tour de cette élection en mars 1993 devant le Président sortant Didier RATSIRAKA.

En septembre 1995, Albert ZAFY organise un référendum d’amendement de la Constitution pour revenir à un régime présidentiel.

Après la motion de censure votée contre le Premier Ministre Emmanuel RAKOTOVAHINY, le Président Albert ZAFY nomme à sa place Norbert Lala RATSIRAHONANA alors Président de la Haute Cour Constitutionnelle.

Suite à l’empêchement voté contre le Président de la République ZAFY Albert, le Premier Ministre Norbert Lala RATSIRAHONANA fut désigné par la Haute Cour Constitutionnelle Chef d’Etat et de Gouvernement en charge de préparer une nouvelle élection présidentielle anticipée.

L’ancien Président Didier RATSIRAKA fut réélu Président de la République le 31 janvier 1997.

En septembre 1998, il procède à un amendement de la Constitution instaurant les Provinces Autonomes et le changement du terme «pouvoir» en «fonction» de l’Etat

XV. L'élection présidentille du 16 décembre 2001

Les résultats de l’élection présidentielle du 16 décembre 2001 avec la participation de six candidats étaient controversés. Le 25 janvier 2002, la Haute Cour Constitutionnelle, dont le siége a été provisoirement transféré à l’Hôtel Ermitage sis à Mantasoa, a ordonné dans sa décision, qu’il soit procédé à un second tour, aux motifs qu’aucun des deux candidats n’ avait pas obtenu plus de 50 % des suffrages exprimés.

Un mouvement populaire d’envergure nationale, sous forme de manifestation suivie d’une grève générale a réclamé la confrontation des procès-verbaux des résultats obtenus par les candidats dans les 16 000 bureaux de vote.

Les partisans du candidat Didier RATSIRAKA se sont opposés à la tenue d’une telle confrontation, d’une part et d’autre part les comités de soutien partisans du candidat de Marc RAVALOMANANA ont organisé des manifestations de protestation contre la décision rendue par la HCC de Mantasoa.

Le 22 février 2002, a eu lieu l’investiture de Marc RAVALOMANANA en tant que Président de la République de Madagascar, qualifiée à l’époque par la communauté internationale d’auto proclamation extra constitutionnelle.

Pour tenter de résoudre cette crise post-électorale, les deux candidats réunis grâce aux bons offices du Président du Sénégal, Monsieur ABDOULAYE WADE et, sous l’égide de l’OUA en Avril 2002 à DAKAR ont signé un accord dit «DAKAR I». Aux termes de cet accord, il a été recommandé l’organisation d’un décompte contradictoire des résultats et la tenue d’un second tour au cas où l’un des deux candidats n’aurait pas obtenu plus de 50 % des voix ;

La Chambre administrative de la Cour Suprême de Madagascar a, par son arrêt 04 du 16 avril 2002, annulé la nomination des membres de la Haute Cour Constitutionnelle ayant rendu la décision de Mantasoa. Cette décision fait suite à un recours intenté par un des candidats ayant postulé sa nomination au sein de cette haute juridiction. Les motifs d’annulation reposent sur le non-respect des règles de procédure applicable à la désignation des membres de la Haute Cour Constitutionnelle. Par cette même décision, la Chambre administrative a également réhabilité les anciens membres de la Haute Cour Constitutionnelle.

La Haute Cour, après recomptage des voix, a déclaré le candidat Marc RAVALOMANANA vainqueur à l’issue du premier tour, en obtenant 51,46% des suffrages exprimés contre 35,90% obtenus par le candidat Didier RATSIRAKA.

Après une seconde investiture en date du 6 mai 2002, cette fois-ci officielle, Marc RAVALOMANANA fut proclamé Président de la République de Madagascar.

En réaction, le Président sortant et ses partisans ont décrété la transformation des provinces autonomes en États fédérés alors que la Constitution interdit toute tentative visant en remettre en cause la forme unitaire de l’État et prévoit la peine capitale pour réprimer toute tentative de sécession. Des barricades accompagnées de destruction de ponts et d’ouvrages publics dans un but de sabotage ont eu lieu un peu partout à travers l’Île.

Toujours sous l’égide de l’OUA en juin 2002, une seconde rencontre tenue au Sénégal, appelée DAKAR II fut organisée dans le but de trouver une issue à la crise.

Après la reconnaissance du nouveau régime par la Suisse, l’Allemagne, les États-unis d’Amérique et plus tard la France, le Président Marc RAVALOMANANA a mis en œuvre les mesures nécessaires au rétablissement de la sécurité et de l’ordre public sur toute l’étendue du territoire.

Dépêché spécialement sur les lieux en juillet 2002, le Ministre des Affaires Étrangères, Dominique de VILLEPIN a exprimé la reconnaissance de l’État français envers le régime du Président Marc RAVALOMANANA.

Sur terrain, l’avancée imminente de l’armée de pacification composée entre autres de réservistes a contraint le Président sortant Didier RATSIRAKA et ses proches partisans à quitter précipitamment le pays. Le démantèlement des barrages ne s’est heurté à des résistances majeures, sauf dans la partie Nord de l’Ile. La résistance dirigée par le Colonel Coutity s’est soldée par un échec ayant abouti à son arrestation et à sa traduction devant les autorités judiciaires. L’opération menée par l’armée de pacification a été considérée par la grande majorité de la population comme un acte de libération.

Le rétablissement du ravitaillement en carburant a permis le retour progressif à la normale, mettant ainsi fin à une situation de pénurie généralisée.

Mise à jour : 2/02/2010 à 18:47:46.
Photo d'Antananarivo Photo d'Antsiranana Photo de Fianarantsoa Photo de Mahajanga Photo de Toamasina Photo de Toliary

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